série ABANDONS – saison 2
Sur les abribus, les transformateurs électriques, les châteaux d’eau, les anciens bâtiments industriels ou commerciaux, les palissades de chantier, un peu partout dans les paysages standardisés de la France « périphérique » fleurissent des peintures murales naïves aux couleurs sursaturées, censées représenter « le monde d’hier » … Commandées à des artistes qui parfois s’en font une spécialité, objets de surenchère entre municipalités voisines, elles proviennent aussi parfois d’initiatives participatives et citoyennes.
Jamais les images des scènes champêtres si souvent illustrées par les peintres du XIXème siècle, de la lettre cent fois réécrite abandonnée à regret dans la borne jaune de la Poste, de l’ancien port ostréicole avec ses cabanons aux senteurs d’iode et de vase, ou de la mythique Nationale 6, promesse de cheveux au vent, de parasols et d’amours éphémères, n’auront autant mérité le qualificatif de « trompe-l’œil ». Symboles d’un passé révolu auquel on tente de se raccrocher, elles s’affichent comme les vitrines burlesques de notre incapacité à penser un « après ».