apprivoiser l’incertain

Où il est question de forêts, d’arbres qui parlent, de l’idée de nature et de notre rapport au vivant, et aussi de pistes à faire fructifier pour un futur plus désirable.

 

La clé de ce monde abîmé dans lequel nous nous débattons

est notre séparation d’avec la nature.

Écoutons le poète Ovide : « Avant la mer, avant la terre et le ciel qui couvre tout,

la nature, dans l’univers entier, offrait un seul et même aspect ;

on l’a appelé le chaos … ».

Il nous parle d’un temps où chaque arbre, chaque source, chaque pierre

abritait sous son apparence singulière un double invisible,

un fragment de l’esprit universel des origines.

C’est d’avoir oublié

combien nous sommes imbriqués dans le tissage serré du vivant

que nous avons créé l’idée de nature, miroir inversé de notre puissance,

simple décor à peindre ou à photographier, monde inanimé à exploiter

comme un gisement illimité de ressources.

Et pourtant, à travers les mystérieuses synapses de leurs racines entremêlées,

dans le secret des profondeurs de la terre,

les arbres se parlent.

Enfants dans nos cabanes, nous attachions nos rêves avec des bouts de ficelles.

Aujourd’hui nous les enfermons dans des réserves naturelles.

Dans l’urgence, il nous faut retrouver le fil perdu qui nous relie au vivant.

Laisser advenir.

Avec Ovide, prendre acte des « métamorphoses des formes en des corps nouveaux ». 

Accepter que des éléments inconnus fassent irruption dans notre jardin incertain.

Négocier avec la graine qui se répand là où elle n’était pas prévue.

« S’il y a quelque vérité dans les pressentiments des poètes, je vivrai ».

 

Décembre 2022

 

(Les citations d’Ovide sont extraites du poème Les métamorphoses.)

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