La réalité n’est que la face cachée de l’illusion : on croit la cerner, mais toujours elle se dérobe dans un jeu incessant d’apparitions et de disparitions. Photographier le paysage est beaucoup plus qu’un inventaire du réel ou une affaire de regard. C’est une pratique d’alchimiste, un acte périlleux qui invoque des filtres culturels puissants tissés de sensations et de doutes. Un travail de médiation qui suppose de s’abandonner, de se laisser contaminer par un lieu et tout ce qui l’a traversé, pour en restituer la mémoire dans l’image. Une pierre déplacée, un bonnet perdu, des griffes de fer, une étoile au fond du puits, une tour isolée … et des flèches, des flèches dans tous les sens …
Ferme les yeux, et regarde.