
Sur la scène trop bien éclairée, le photographe est le porteur d’ombre.
Qu’est-ce qu’une image, si ce n’est aussi ce qu’on n’y voit pas ?
Face au nuage toxique
des images mondialisées
postées et aussitôt oubliées,
à la mise en scène compulsive de soi,
la primauté de l’émotion,
la standardisation des modèles.
Face à la confiscation de la mémoire,
aux injonctions de la technique
sous couvert du réel.
Faire l’expérience du déplacement,
porter attention à ces ailleurs
quelquefois si proches de nous.
Préférer le doute à la lumière,
l’universel au singulier,
la souterraine alchimie des imaginaires.
Oser des métissages,
revendiquer le temps de l’image,
voir ce qui ne peut être vu.
